Chez LACAN, comme chez Jung, on retrouve une même volonté à mettre en évidence l’existence de deux modalités de gravure au sein de la psyché : la modalité binaire et la modalité ternaire. La première sera convoquée avec son concept d’hainamoration, la seconde avec ses études avec François Cheng sur le Taoïsme.


  • Le concept d’hainamoration (1956) prend ses sources au mythe grec de l’agalma de Platon. Lacan parle alors de l’objet a, objet du désir. Il s’en réfère aussi au Souverain-bien et au Souverain mal d’Aristote, ce que fit Freud avant lui. Pour lui, il est clair que la psyché s’organise dans un premier temps, selon une modalité binaire qu’il nommera l’imaginaire. Ce monde est comparable à une matrice qui fabrique des images, collées ensemble par des forces énergétiques considérables. Seul un « voyage en enfer » comme le vécut Jung et comme bien d’autres avant lui, Apulée dans ses aventures (L’âne d’or), Dante lors de sa traversée de l’enfer, Faust quand ce dernier « descend chez les mères », met en évidence le caractère duel de ce mode de structuration en miroir. Pénétrer le monde des images primordiales s’avère être un voyage périlleux pour qui n’y est pas préparé. Seuls les initiés, tel Ulysse, en reviennent chargés de « la vérité » du monde. Pour les autres qui demeureraient figés dans « les glaces », les glaces de leurs images primordiales, la psychose est au rendez-vous… Psychose, pathologie du binaire ? C’est ce que nous verrons dans le chapitre consacré aux dérives psychiques.

 

  • Etudes sur le Taoïsme (1961-1973). Lacan avait tout d’abord étudié le Chinois avant de se lancer dans des études médicales. Cet enseignement l’amena à s’intéresser bien plus tard, comme le fit Jung, au Taoïsme. C’est notamment grâce à François Cheng qu’il comprit le concept du ternaire. Pour Cheng, il était clair que le réel de Lacan, c’était le ternaire. Pour le médecin qu’il était, Lacan n’eut pas trop de difficultés à s’imaginer le jeu qui pouvait se dérouler au sein de la psyché entre binaire et ternaire. C’est comme, d’une certaine manière, si on faisait allusion au processus biologique de la mitose, qui représente une phase de duplication cellulaire, et celui de la méiose qui correspond à un processus de différenciation cellulaire. La psyché suit, en réalité, une physiologie similaire à la physiologie biologique.

Date de dernière mise à jour : 04/04/2013

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