Approche transdisciplinaire

 

         L’approche transdisciplinaire permet un meilleur éclairage, une plus grande compréhension, d’un concept par exemple. Freud, Jung et Lacan, ont tous trois expérimenté cette méthodologie de travail, et l’ont utilisée afin d’élaborer leurs topiques ou leurs théories : Freud avec « le Bloc-notes-magique », nous entraîne sur le chemin de l’informatique. Il décrit tout à la fois les modalités de la physiologie analytique et, sans le savoir, celles de l’un de nos ordinateurs actuels. Dire que la psyché fonctionne comme un ordinateur, voilà qui est à même de choquer bien des oreilles. C’est pourquoi, je préfère dire, que la psyché, à chaque fois qu’elle elle est sollicitée, inspire l’homme dans ses différentes découvertes qui toutes, sont calquées sur sa physiologie. On retrouve cela dans les mathématiques par exemple, ce qui fait dire à Koyré que le réel de Lacan est un processus mathématique. On le retrouve également dans la génétique qui doit largement s’inspirer du modèle d’écriture que représente la psyché, etc. J’ai également fait acte de transdisciplinarité quand, dans le concept de la pulsion de Freud, j’ai établi une analogie avec le « vibratoire » de l’Egypte ancienne. Ce dernier, représente les énergies cosmiques symbolisées par leurs divinités. Dans les deux exemples, on découvre des caractéristiques similaires qui relèvent d’une même logique énergétique.

         Faire des découvertes en pratiquant l’approche transdisciplinaire, c’est également découvrir que tel ou tel chemin a déjà été emprunté avant nous. Quand Jung décrit le processus d’individuation, il n’est pas difficile d’en trouver les différentes phases (persona, moi, Soi), ainsi que leurs fonctions, si l’on s’intéresse, comme lui-même le fit avant, aux messages laissés par les Maîtres cartiers du Moyen-âge, au travers de leur 22 lames du Tarot initiatique.

          Lire Lacan au-delà de Lacan lui-même, et grâce à François Cheng avec lequel il a travaillé une dizaine d’années, c’est découvrir la notion du ternaire. Cheng dira à ce propos que le ternaire, c’est le réel de Lacan. Mais bien sûr le ternaire est un concept de taille, puisqu’il vient compléter celui de binaire que Lacan mettra en évidence grâce à ses travaux sur les mythes anciens. De l’agalma de Platon, il fondera son concept de l’objet a ou objet du désir. Toujours tiré des mythes anciens (le souverain bien, le souverain mal), il élaborera le concept d’hainamoration, concept qui fait l’apologie du binaire. Etablir enfin un parallèle entre les équations mathématiques du second et du troisième degré, et binaire et ternaire, c’est encore découvrir que des termes comme réel, imaginaire, termes utilisés par Lacan, appartiennent aux mathématiques. Encore plus étrange, les nombres imaginaires ne trouvent des solutions que si l’on utilise la méthode de Cardan, célèbre mathématicien du XVIe siècle, auquel Jung s’est également intéressé.

          La transdisciplinarité représente un ensemble de connaissances dont elle rend compte, en traversant différentes disciplines. Nous devons l’imaginer comme un faisceau dont les signaux interfèrent quand ceux-ci sont stimulés. La transdisciplinarité témoigne d’un tel fonctionnement de la psyché, à son deuxième stade physiologique, le moi pour Freud et Jung, le réel pour Lacan. C’est pourquoi, je lui ai donné le nom d’arborescence.

Date de dernière mise à jour : 29/04/2013

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