L’EFFRACTION DU SYMBOLIQUE

 

          L’effraction du symbolique, c’est ce que Jung nomme la descente aux enfers. Tous les stimuli, et l’angoisse en premier, comme dans la perversion, sont au rendez-vous. Mais si la perversion se caractérise essentiellement par sa capacité à inverser la Loi, l’effraction du symbolique, elle, ne produit pas de renversement, mais au contraire, induit l’implosion des structures élémentaires qui composent les images primordiales de la matrice. La pulsion, poussée à son comble, sous l’effet d’une angoisse extrême, ne produit pas une inversion des structures psychiques mais une effraction de celles-ci. Comme je l’ai déjà souligné précédemment, la clinique qui en résulte est similaire à celle de la psychose. Mais, contrairement, à la psychose, le sujet retourne, tel Ulysse, à son foyer, après avoir parcouru les strates les plus sombres de sa personnalité, celles qui sont cachées au cœur même de la matrice. Pathologie ou « initiation », cette expérience douloureuse pour le sujet et ses proches, agit finalement comme une parade pour éviter de sombrer dans la perversion.

          Une nouvelle approche transdisciplinaire est ici, indispensable pour bien comprendre le sens du terme initiation. Le tarot initiatique des maîtres cartiers du Moyen-âge vient encore nous donner des réponses. La descente aux enfers, nécessite d’affronter le Diable, or le Diable se présente sous les traits de la modalité binaire. « Effracter le symbolique », c’est affronter ses diables intérieurs, tous ceux qui se sont structurés lors de notre enfance, en miroir de l’imagerie et de la pensée judéo-chrétienne. Libérer son moi de toute entrave ou censure morale ou religieuse, et le mettre en adéquation avec le Soi, tel que le définit Jung, voila l’enjeu de l’effraction du symbolique.

Date de dernière mise à jour : 05/04/2013

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