SEXE BIOLOGIQUE et SEXE PSYCHIQUE

 

Le comportement amoureux des hommes et des femmes


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Docteur Chabaud 

 

1. La dualité du modèle judéo-chrétien

     Si le sexe biologique conduit à une  observation physique, il n’en est pas de même du sexe psychique qui lui, ne peut s’observer que si certaines conditions sont réunies, ce que l’amour sait parfaitement réaliser. Mais voilà, comment une société dite moderne peut-elle sortir de la caverne des préjugés et, enfin, comprendre que les relations amoureuses ne dépendent pas que du seul sexe biologique, mais bel et bien aussi, du sexe psychique ? Que l’on fasse allusion à la société ou à l’individu lui-même, trouver « la force » pour sortir de la caverne[1], n’est pas une mince affaire. D’autant plus que la société dépend de ses modèles fondateurs judéo-chrétiens (le bien et le mal), et que l’enfant lui, s’en réfère à des modèles parentaux (papa et maman), perçus lors de la phase d’édification de la persona[2].

 

2. Le concept anima/animus

     C’est Jung qui donne la réponse avec son concept d’anima/animus. Celui-ci clarifie la notion de sexe, et au delà du sexe biologique, nous renvoie à celle d’un « sexe psychique », celui que la psyché a pris pour modèle lors de son processus d’élaboration. Peu importe alors que le rôle du père soit joué par une femme, ou que celui de la mère soit joué par un homme. L’essentiel réside dans le fait qu’il y a bien eu identification des caractères tout à la fois, masculins et féminins. L’anima/animus[3] mis en avant par Jung nous ouvre la voie.

 

Chaque être humain porte en lui, dans son psychisme, telle une contre-mesure, le contraire de sa nature biologique.



[1] Caverne, référence au mythe de la caverne de Platon. L’homme doit sans cesse s’extraire des cavernes de l’ignorance et de l’obscurantisme qui le maintiennent prisonnier, entre les mains des chefs politiques et religieux. S’extraire de la caverne, des cavernes, c’est donner la possibilité à son moi de se construire. Mais pour sortir de la caverne, il faut avoir « la force ». Mais cette dernière, n’est pas physique, elle est psychique. Elle résulte d’un parfait équilibre entre deux énergies psychiques que sont l’anima/animus, concept de Jung.

[2] Persona, Jung utilise ce terme pour désigner la première phase physiologique psychique. Lacan lui donnera le nom d’imaginaire. Durant cette phase, la psyché enregistre, du monde extérieur ce qu’en psychanalyse, nous nommons l’objet. Ces enregistrements dépendent étroitement de nos sens et des plages de fréquences que ces derniers utilisent. Pour parvenir à les réaliser, la psyché utilise un logiciel, dit logiciel binaire qui va structurer le tronc commun. La persona ou l’imaginaire représentent les phases et d’une certaine manière, les lieux, où vont se structurer toutes nos images archétypiques. La psyché utilisera ces dernières, pour structurer le moi. Cette phase de la physiologie psychique, peut-être comparé en biologie, à celle de la mitose, phase de simple duplication cellulaire.

[3] Anima/animus, concept de Jung. Pour ce dernier, la psyché de l’homme est soumise à deux pulsions qui, dans un premier temps, s’opposent et gravent l’objet en miroir. Il distingue chez l’homme une instance féminine et chez la femme, une instance masculine. Ces dernières seront plus ou moins exacerbées chez l’enfant lors de sa phase d’apprentissage, puis gravées dans sa psyché. Il en ressortira des sensibilités anima ou animus plus fortes aussi bien chez l’homme que chez la femme. En fait, le sexe qui définira le comportement amoureux de l’homme ou de la femme, n’est pas son sexe biologique, mais ce que lui dicte sa psyché, dans ce qu’elle aura gravé dans son programme, lors de la première phase physiologique (persona/Jung ou imaginaire/Lacan). C’est ce qui définit le sexe psychique et détermine les comportements amoureux.

1. La légitimité homosexuelle

     La légitimité du couple homosexuel dans la société occidentale devient alors un faux problème puisque, comme un couple hétérosexuel, celui-ci est également porteur de la mixité des caractères masculins et féminins. C’est pourquoi, prôner que « le mariage n’est pas possible entre personne du même sexe», n’est dicté que par l’ignorance du concept anima/animus de Jung. D’autre part, cet éclairage nous permet de comprendre qu’un couple homosexuel, de la même manière qu’un couple hétérosexuel, est parfaitement apte à transmettre à ses enfants des images de type masculin et d’autres, de type féminin. La persona (Jung) ou l’imaginaire (Lacan), peut alors se structurer selon le principe du miroir[1], qui laissera, par la suite, la place à l’édification du moi.

 

2. La procréation psychique

     Il est clair que la loi visait à moraliser l’aspect sexuel de la relation homosexuelle selon des critères moraux ou religieux qui, dans la société occidentale, font tous références aux principes judéo-chrétiens, c'est-à-dire, à la seule dialectique du « bien ou du mal ». Mais la loi se contredisait puisqu’elle déclarait par ailleurs que « nul ne peut faire l'objet de discrimination en raison de ses caractéristiques génétiques ». Or si la loi avait retenu qu’au-delà du sexe biologique, il existe « un sexe psychique », elle aurait déjà, tout naturellement, admis le mariage homosexuel, puisqu’il génère chez l’enfant, au même titre qu’un couple hétérosexuel, la « procréation psychique ». Et « la procréation psychique » c’est la garantie d’un équilibre raisonné anima/animus conduisant à une persona stabilisée et non sclérosée. Par ailleurs et pour les mêmes raisons que précédemment, instaurer la parité hommes/femmes au sein d’un groupe quel qu’il soit, ne règle que la parité biologique, mais pas du tout la parité psychique. Or c’est bien cette dernière qui est déterminante pour le monde social, professionnel, politique, et pour le couple, qui tous, ne peuvent s’enrichir que de la différence de ses sexes psychiques et non pas biologiques. En fait, cette loi, ne s’appuie pas sur la connaissance du concept de Jung et, de ce fait, n’atteint pas les objectifs qu’elle s’était initialement fixés.

 

3. L’équilibre comme concept fondateur du couple et de la société

     La nature trouve toujours sa voie et, bien qu’issue de déséquilibres, elle se nourrit aussi d’équilibres. Si le couple anima/animus est présent en tant que modèle lors de l’identification au miroir, le processus d’individuation[2] se déroule dans de bonnes conditions. Si celui-ci fait défaut, s’enclenchent alors des comportements de « types œdipiens ou électriens[3] », où, d’abord la névrose, puis la perversion peuvent alors s’exprimer.

 

Désormais, et grâce au concept anima/animus de Jung, nous savons que l’équilibre de tout individu, homme ou femme, ne dépend pas uniquement, de son seul sexe biologique, mais aussi de son sexe psychique.



[1] Principe du miroir. Phase durant laquelle se structure la persona pour Jung, et l’imaginaire pour Lacan. La psychanalyse fait référence au miroir, car toutes les gravures psychiques dépendent du logiciel binaire, qui structure les premières traces, par simple imitation de l’objet initial. Lacan leur donne le nom de signifiants.

[2] Processus d’individuation. Concept de Jung qui désigne l’ensemble des trois phases de la physiologie psychique.

[3] Ces types font références au concept d’Oedipe de Freud, et à celui d’Electre chez Jung. Ceux-ci, illustrent le meurtre symbolique du père ou celui de la mère, mécanisme que le jeune adulte va reproduire, pour bien le connaître, pour l’avoir vécu lui-même, comme meurtre symbolique de l’enfant.

 

Date de dernière mise à jour : 08/05/2013

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