LA PSYCHANALYSE CHERCHE DES REPONSES

 

        La psychanalyse cherche des réponses. Elle les cherche sur fond de crise individuelle et sociale et aussi, crise du savoir : la perte des repères et des valeurs fondamentales, l’éclatement de la famille, la déshumanisation de notre mode de vie, le « tourner  en rond » imposé par le mode manichéen, la dissémination des sciences et des créations culturelles. Il en ressort un mal être individuel et social. On entend des expressions comme fin du monde, apocalypse, jugement dernier. Tout cela marque la fin d’un cycle qui va nécessiter une grande remise en cause dans tous les domaines, remise en cause que l’on peut intituler « LE CHANGEMENT ».

      A l’époque de la Renaissance, au retour des guerres d’Italie fut initié un grand CHANGEMENT. Toutes les disciplines furent concernées : l’architecture, le dessin, la peinture, la médecine, les mathématiques, l’astronomie. On revisita même l’alchimie venue de l’Egypte ancienne. Ce changement visait une APPROCHE TRANSDISCIPLINAIRE DU SAVOIR qui garantissait à l’homme son plein épanouissement, en le libérant notamment du carcan de la pensée judéo-chrétienne. On peut dire que tels les humanismes de la Renaissance, tels Rabelais, Montaigne ou Ronsard, pour ne citer qu’eux, le psychanalyste travaille au bonheur de l’homme.

      C’est pourquoi, en ces temps de crise qui annoncent un CHANGEMENT RADICAL DE NOTRE MODE DE VIE, la psychanalyse peut s’imposer comme une clé pour sortir de la crise. Pour se faire, la psychanalyse trouvera des réponses : Premièrement, au travers d’une APPROCHE TRANSDISCIPLINAIRE, en S’OUVRANT  à d’AUTRES DISCIPLINES : les mathématiques, la biologie, la génétique, l’astrologie, le solfège, l’histoire, l’architecture, la linguistique, l’anthropologie, etc. Deuxièmement, par la méthode de COMPARATISME, en ABORDANT L’ETUDE D’AUTRES AUTEURS, non psychanalystes, comme Mircea Eliade (l’histoire des religions), Clause Levy-Strauss (l’anthropologie structurelle), ou encore François Cheng ou François Julien (études sur le Taoïsme). Troisièmement, en S’AFFRANCHISSANT DES CONFLITS D’ECOLE et des discours qui se veulent à l’exclusive, freudien, jungien ou lacanien, pour ne citer qu’eux, soit pour reprendre l’expression de Michel Cazenave : « par le biais d’une dialectique transversale, bâtissant ainsi une unité dynamique, respectant la nécessité de leurs différences. » Quatrièmement, en S’INTERROGEANT sur D’AUTRES MODELES D’ECRITURE, comme les hiéroglyphes égyptiens, l’écriture maya, ou encore le Chinois qui montre les limites de la pensée judéo-chrétienne. Lacan dira à la fin de sa carrière de conférencier : « Je n’aurai peut-être pas été psychanalyste si je n’avais pas étudié autrefois le Chinois. » Enfin, cinquièmement, en S’INSCRIVANT en tant que DISCIPLINE de SANTE à part entière. Elle ne peut le faire que si elle met en évidence la réalité d’une FONCTION ANALYTIQUE au même titre qu’il existe, dans le corps humain, la fonction respiratoire ou la fonction neurologique par exemple. C’est ce que je propose ici, en m’appuyant sur les travaux de Freud, de Jung et de Lacan ainsi que sur mes propres travaux. La fonction analytique ne relève pas du fantasme, elle comporte sa propre physiologie ainsi que ses pathologies inhérentes à ses disfonctionnements (névroses, psychoses, perversion). Ne pas entreprendre son étude, c’est laisser s’installer de nouvelles pathologies, pathologies du XXI e siècle qui vont bien au delà des simples névroses, mais au contraire, s’en nourrissent.  C’est le cas de la perversion et de la perversion narcissique qui, sur un plan individuel peuvent être comparées à des « virus psychiques », extrêmement destructeurs pour les victimes. Sur le plan social, ces pathologies représentent une forme de colonisation psychique.

Docteur François Chabaud

 

Date de dernière mise à jour : 26/05/2015

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